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  • Julie

La parentalité, ou le droit de faire des erreurs

J'ai réfléchi longtemps à la manière dont je souhaitais écrire un article sur le si vaste et riche sujet qu'est la parentalité, et quel angle particulier je voulais mettre en lumière.

Plutôt que d'écrire cette fois un article à partir d'infos sourcées, je prends le parti de partager mon expérience de maman, d'exprimer à coeur ouvert mon vécu afin de, peut-être, pouvoir aider celles et ceux qui passeront par ici à cheminer dans leur propre parentalité, sans culpabilité.





Devenir parents, un apprentissage quotidien


Élever mes enfants est sans doute l'expérience qui me challenge le plus au quotidien, depuis leur naissance -et même, depuis chacune de mes deux grossesses. Il est clair qu'on n'apprend pas à devenir parents grâce à un manuel universel, mais bien par la force de l'expérience, dans nos contextes particuliers, avec nos bagages d'éducation, de valeurs, et en nous adaptant à la personnalité et aux besoins de nos enfants, qui peuvent être différents des nôtres et même différents (voire très différents) d'un enfant à l'autre.


Je souhaitais pour mes enfants une éducation fondée sur la bienveillance, je me rêvais en maman qui ne hurlerait pas, qui n'aurait jamais recours à la violence vis à vis de ses enfants. Il me semblait également évident de les laisser évoluer librement sur le plan moteur et de les guider vers l'autonomie à chaque étape du chemin. J'avais en tête l'image d'une maman idéale, celle que j'ai toujours souhaité être.


Et puis il y a la réalité de tous les jours et l'expérience du concret qui m'ont bien vite rattrapée.



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La sensation d'échouer ?


Durant les deux premières années de vie de mon premier enfant, je me suis auto-jugée en situation d'échec un nombre de fois incalculable. De fait, c'était le cas pour moi dès que je ne parvenais pas (ou avais l'impression de ne pas parvenir) à mettre en application tout ce que je souhaitais pour mon bébé : accueillir ses émotions, le laisser expérimenter par lui-même, lui proposer des activités épanouissantes, stimuler ses apprentissages...


L'épuisement extrême, les impondérables du quotidien, deux grands empêcheurs de tourner rond : dans mon rapport à la maternité, j'ai souvent été en mode "survie" : parce-que trop de fatigue et trop de choses à faire, on traite par ordre de priorité, on fait l'essentiel, et on ne prend pas le temps d'effectuer ce qu'on aimerait vraiment faire. Sans compter sur le manque de patience qui en découle et la difficulté à accueillir ses propres émotions et donc celles de ses enfants.



Combien de fois ai-je regretté d'avoir crié parce-que ras le bol, trop c'est trop, marre que rien ne se passe comme je veux, marre de ne pas parvenir à me faire entendre, marre d'avoir la sensation permanente d'être en échec.


Il faut dire que la société n'est pas forcément aidante de ce point de vue-là : l'injonction à la perfection, surtout dans le domaine de la parentalité, peut parfois être très forte ; combien de fois ai-je vu passer sur Instagram des comptes de mamans de 1, 2, 3 ou 5 enfants avec des photos parfaites, prises au bon moment, avec des légendes décrivant des enfants modèles, qui savent tout faire à 2 ans, des mamans multitâches qui organisent mille activités, qui transforment leur maison en école Montessori, qui cuisinent de bons petits plats maison à chaque repas, qui sont disponibles, etc.

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Mais ce que toutes ces mères ne montrent pas sur leur compte, c'est la réalité : on montre ce qu'on veut montrer sur les réseaux, mais la vie de parents est tout sauf lisse et résumée à des photos d'instants suspendus dans le temps : tous les jours, c'est la course contre la montre pour les repas, le ménage, les lessives, les allers-retours maison/crèche/nounou/école/boulot (rayer mentions inutiles), les rendez-vous pour l'un et pour l'autre, le bain, les devoirs, sortir les aérer, les activités du mercredi ou du samedi, la gestion des crises, les impératifs pour soi, les préoccupations perso et pro, les virus... et la liste est encore longue ! Comment on fait dans tout ça, pour faire preuve de bienveillance au quotidien, pour rester en accord avec ses valeurs éducatives ?




Des apprentissages de tous les instants